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Situation difficileCe qu'on fait, concrètement

Le groupe est fatigué

Un groupe fatigué, c'est une salle où les regards se vident, où les réponses raccourcissent, où les dos glissent sur les chaises. Le creux d'après déjeuner et la fin de deuxième journée en sont les deux grands classiques. La fatigue n'est pas un défaut des participants. C'est presque toujours une information sur votre déroulé.

Vous reconnaissez ?Les signes
  • À 14 h 30, des yeux qui se ferment et des bâillements qui se propagent.
  • Des réponses qui raccourcissent : « oui », « d'accord », « ça me va ».
  • Des téléphones qui ressortent pendant les travaux en sous-groupes.
  • Des pauses qui s'allongent et des retours de pause de plus en plus lents.
  • En fin de deuxième journée, un groupe prêt à valider n'importe quoi pour pouvoir partir.

Ce qui se passe vraiment

Le corps d'abord. Un déjeuner copieux, une salle chauffée, des stores baissés pour voir l'écran : à 14 h, tout est réuni pour une sieste.

La tête ensuite. Converger, trier, arbitrer, c'est épuisant. Un groupe peut encaisser trois heures de divergence joyeuse et s'effondrer après quarante minutes de priorisation.

Et parfois, le cœur. Une matinée chargée émotionnellement vide un groupe plus vite qu'une matinée dense.

Ces trois fatigues ne se soignent pas pareil. Le corps demande du mouvement. La tête demande une tâche plus simple ou plus courte. Le cœur demande une vraie pause, parfois un arrêt. Relancer par un jeu d'énergie un groupe émotionnellement vidé, c'est le meilleur moyen de le perdre.

Sur le moment, que faire

Nommez-le, sans reproche : « Je vous sens un peu lourds. Moi aussi. On va faire autrement pour la demi-heure qui vient. » Le groupe se sent vu, pas pris en faute.

Pour la fatigue du corps, levez la salle :

  • « Tout le monde debout. On fait la suite debout, autour du paperboard. »
  • « Changez de place. Personne ne se rassoit à côté de la même personne. »
  • « Dix minutes dehors, à deux, en marchant. Une seule question : qu'est-ce qui vous a le plus marqué ce matin ? Vous revenez avec une phrase. »

Un débat mouvant ou une visite de galerie font le même travail : on réfléchit en se déplaçant.

Pour la fatigue de la tête, réduisez la marche : coupez la tâche en deux, donnez un exemple rempli, limitez le nombre d'options à trier. « On ne choisit pas parmi les douze. Chaque table en élimine six. »

Pour la fatigue du cœur, arrêtez : « On a traversé des choses importantes ce matin. Je vous propose vingt minutes de vraie pause, sans téléphone si vous pouvez. »

En cas de doute, demandez : « Sur vos doigts, de un à cinq, où en est votre énergie ? » Ce poing à cinq prend trente secondes et vous évite de deviner.

Avant la session, comment l'éviter

La fatigue se prévient au moment de concevoir le déroulé. Trois règles.

  • Jamais de plénière assise à 14 h. Ni présentation, ni intervention du directeur. À cette heure-là, on met les gens debout, en petits groupes, les mains occupées.
  • Pas de décision importante en fin de deuxième journée. Les arbitrages se prennent le matin du deuxième jour, quand les têtes sont fraîches. La dernière heure sert aux engagements et à la clôture.
  • Une pause toutes les heures et demie au plus, annoncée à l'heure précise.

Parlez aussi au traiteur. Un déjeuner léger et un dessert qui ne pèse pas changent l'après-midi davantage que n'importe quel exercice. Et ouvrez les fenêtres à chaque pause.

Après la session

Tracez la courbe d'énergie de la journée, heure par heure, telle que vous l'avez vue. Mettez-la en face du déroulé. Vous verrez presque toujours les creux tomber sur les mêmes types de séquences : plénières longues, lectures de slides, priorisations trop larges.

Un ROTI en clôture vous donne en plus l'avis du groupe sur le temps investi. C'est la matière de votre prochain déroulé.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

  • « Allez, on se réveille ! » Le ton de l'animateur de club de vacances fatigue encore plus.
  • Lancer un jeu enfantin à un comité de direction épuisé. Vous perdez en crédit ce que vous gagnez en énergie.
  • Rajouter du café et continuer comme prévu.
  • Garder la décision clé pour 17 h 30 le deuxième jour, « parce que c'est le programme ».
Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Sur le moment

La séquence d'intervention

  1. Nommer 30 s

    Dire ce que vous voyez, sans reproche, en vous incluant. Le groupe se sent vu.

  2. Diagnostiquer 30 s

    Corps, tête ou cœur ? Au besoin, un poing à cinq pour mesurer l'énergie.

  3. Mettre debout 2 min

    Faire lever la salle, changer les places, ou envoyer les binômes marcher dix minutes.

  4. Alléger 5 min

    Couper la tâche en deux, donner un exemple, réduire le nombre d'options à traiter.

  5. Réajuster 2 min

    Déplacer la séquence la plus exigeante vers un moment où le groupe sera frais.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Comment relancer l'énergie d'un groupe après le déjeuner ?

Mettre les gens debout et en petits groupes, avec une tâche concrète. Pas de plénière assise ni de présentation entre 14 h et 15 h. Une marche à deux de dix minutes autour d'une question marche très bien.

Que faire en fin de deuxième journée de séminaire ?

Ne rien y décider d'important. Placer les arbitrages le matin du deuxième jour, et réserver la dernière heure aux engagements, à la synthèse et à la clôture.

Faut-il faire un jeu pour réveiller les participants ?

Seulement s'il sert le fond et qu'il convient au groupe. Un jeu gratuit peut agacer des dirigeants fatigués. Mieux vaut changer de format : debout, en mouvement, en binômes.

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