À quoi ça sert
Au bout de deux heures de séminaire, plus personne ne se souvient de ce qui s'est dit à 9 h 30. Chacun garde sa version. Le compte rendu arrive dix jours plus tard, et personne ne le lit.
Un mur dessiné change ça. Le groupe voit sa propre pensée se construire. Il repère les trous, corrige les contresens, relie des idées qu'il avait eues à trois heures d'écart. Et la photo du mur devient le compte rendu que les gens regardent vraiment.
D'où ça vient
Elle s'est développée à partir des années 1970 dans le monde de la facilitation et de la conception, avec des praticiens qui ont montré qu'un groupe réfléchit mieux quand il voit ce qu'il dit. Le sketchnote, prise de notes visuelle individuelle, en est un cousin plus récent et plus personnel.
Quand l'utiliser, et quand s'en passer
Pour les sessions longues, séminaires, forums, où la matière produite est abondante et où il faut une mémoire. Pour faire voir à un groupe sa propre pensée et la corriger en direct. Pour un compte rendu que les gens regardent, au lieu d'un document qu'ils ne lisent pas. Avec des groupes de toutes tailles.
Pas quand elle remplace la facilitation au lieu de la servir : un beau dessin d'une réunion qui n'a rien décidé reste une réunion qui n'a rien décidé. Et pas quand le facilitateur dessine en même temps qu'il anime un groupe difficile : les deux rôles se gênent.
La consigne qui fait tout
Le dessin ne sert que si le groupe s'en empare. Trois consignes le font entrer dans le mur.
- « Regardez le mur deux minutes. Qu'est-ce qui manque ? Qu'est-ce qui est mal dit ? Venez corriger au feutre rouge. »
- « Si vous deviez montrer une seule zone de ce mur à votre équipe demain, laquelle ? Mettez-y une gommette. »
- Avec un gabarit préparé : « À gauche, où on en est. À droite, où on veut être. Au milieu, ce qui nous en sépare. Vous avez vingt minutes. »
Les erreurs qui coûtent cher
Le dessin pour le dessin. Le perfectionnisme ralentit et éloigne du groupe. Des bonshommes bâtons et des mots bien choisis valent mieux qu'une illustration soignée en retard sur la discussion. Le mur qu'on oublie. Un beau mur photographié et rangé dans un dossier n'a servi qu'une journée. Prévoyez où il vivra ensuite.Variantes
Le facilitateur graphique en binôme avec le facilitateur, chacun son rôle, pour les grands événements. Le sketchnote individuel, que chaque participant apprend à faire pour ses propres notes. Et le gabarit graphique préparé à l'avance, que le groupe remplit lui-même.
Avec quoi le combiner
En fin de journée, une visite de galerie devant le mur remplace avantageusement la synthèse orale. Pour une session sur l'histoire d'une équipe, la frise chronologique est déjà un gabarit graphique. Et une carte mentale est le premier pas le plus simple pour qui n'a jamais dessiné devant un groupe.