Ce qui se passe vraiment
Un grand groupe ne se facilite pas comme un petit groupe en plus grand. En plénière, soixante personnes, c'est trois qui parlent et cinquante-sept qui écoutent. Pour que tout le monde travaille, la salle doit se découper en petites unités qui travaillent en même temps, et ce qu'elles produisent doit circuler. C'est une question d'architecture, pas d'animation.
Et la logistique devient la moitié du travail : la salle, les tables, le son, le temps de déplacement, la récolte.
Sur le moment, que faire
Vous y êtes, et la plénière s'enlise. Coupez-la. « On arrête les questions en plénière. Tournez-vous vers les personnes de votre table. Dix minutes pour répondre à cette question. » La salle se remet à bruisser. C'est le bruit d'un grand groupe qui travaille.
Si les tables ne font pas ce que vous attendiez, ne criez pas la consigne une seconde fois. Projetez-la, écrite en gros, avec la durée. Et passez voir deux ou trois tables pour vérifier qu'elle est comprise.
Pour faire remonter, ne faites pas parler les dix tables à la suite. Demandez à trois tables seulement ce qui les a le plus surprises. Ou faites une visite de galerie : chacun circule et lit les productions des autres.
Avant la session, comment l'éviter
Choisissez des formats faits pour ça : le World Café, le forum ouvert, le 1-2-4-Tous, le bocal. Tous tiennent à cent comme à vingt.
Préparez des hôtes de table : un participant par table, briefé la veille, qui tient le temps et relit la consigne. Le facilitateur ne peut pas être à dix tables.
Et choisissez la salle pour le format, pas l'inverse. Une salle en théâtre avec des chaises fixées au sol interdit presque tout travail en tables. Demandez des photos, ou mieux, visitez.
Après la session
La récolte se prévoit avant, mais c'est après qu'elle fait la différence. Comment ce que produisent dix tables sera rassemblé, lu, trié. Un mur, un facilitateur graphique, un outil numérique. Sinon, la matière se perd. Voir récolter.
Dans la semaine, envoyez à tous une synthèse courte : les trois ou quatre idées fortes, avec les mots des tables.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
La grande plénière avec « questions de la salle ». C'est une conférence qui s'ignore.
Partir seul. Au-delà de trente personnes, un facilitateur seul ne suffit plus. Il faut un binôme, ou un facilitateur et un producteur qui gère la logistique et le temps. Voir la convention grand groupe.