1. Accueil
  2. Situations
  3. Pas d'idées, le mur blanc
Situation difficileCe qu'on fait, concrètement

Pas d'idées, le mur blanc

Le mur blanc, c'est ce moment où vous lancez une séquence d'idées et où rien ne vient. Deux post-it timides, un « on pourrait mieux communiquer », puis plus rien. Le groupe n'est pas moins créatif qu'un autre. Presque toujours, la question l'empêche de l'être, ou le contexte lui interdit de prendre le risque.

Vous reconnaissez ?Les signes
  • Après cinq minutes, moins d'un post-it par personne au mur.
  • Des idées très générales : « mieux communiquer », « plus de transversalité ».
  • Des regards qui se tournent vers le chef avant d'écrire.
  • Des participants qui répètent la question au lieu d'y répondre.
  • Une phrase qui revient : « de toute façon, c'est déjà décidé ».

Ce qui se passe vraiment

La question est trop abstraite. « Comment innover dans notre service ? » ne donne aucune prise. Le cerveau a besoin de quelque chose de concret et d'un peu petit pour démarrer.

Le risque est trop élevé. Proposer une idée devant son chef, c'est s'exposer. Si les premières idées ont été accueillies par un « on a déjà essayé » ou un sourire, le groupe a compris.

Le groupe n'a pas de matière. On lui demande d'inventer sur un sujet qu'il connaît mal, sans données, sans histoires de clients, sans avoir vu le terrain.

Et parfois, la décision est déjà prise. Le groupe le sent, et il ne va pas se fatiguer à produire des idées qui finiront à la poubelle.

Sur le moment, que faire

Baissez l'exigence, à voix haute : « Je ne cherche pas de bonnes idées. Je cherche beaucoup d'idées. Les mauvaises sont bienvenues, elles servent de marchepied aux bonnes. »

Passez par l'écrit, en silence. Le brainwriting 6-3-5 de Bernd Rohrbach fait écrire chacun sur une feuille qui tourne : on complète les idées des autres, on ne part jamais d'une page blanche.

Retournez la question. C'est le ressort du TRIZ : « Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour être sûrs que nos clients partent chez le concurrent ? » Le groupe rit, les idées pleuvent. Ensuite : « Lesquelles de ces horreurs on fait déjà un peu ? » Puis on inverse.

Ajoutez une contrainte. Une contrainte débloque plus qu'une liberté totale.

  • « Une solution qui coûte zéro euro. »
  • « Une solution qu'on pourrait lancer lundi prochain. »
  • « Si vous étiez notre concurrent le plus malin, que feriez-vous demain matin ? »
  • « Quelle est l'idée la plus absurde possible ? Maintenant, qu'est-ce qu'elle a de juste ? »

Donnez un objectif de quantité et un temps court : « Huit idées en huit minutes, chacun pour soi, des croquis si vous voulez. » C'est la logique du crazy 8. La contrainte de temps coupe l'autocensure.

Avant la session, comment l'éviter

Nourrissez le groupe avant de lui demander de produire. Des verbatims de clients affichés au mur, trois chiffres internes clés, une vidéo de deux minutes, une visite de terrain. On n'invente pas dans le vide.

Rendez la question concrète et un peu petite. Pas « comment améliorer l'expérience client ? », mais « qu'est-ce qu'un client vit pendant les dix minutes où il attend au guichet, et qu'est-ce qu'on pourrait y changer ? »

Vérifiez avec le sponsor que la décision n'est pas déjà prise. Si elle l'est, dites-le au groupe et travaillez sur la mise en œuvre plutôt que sur des idées décoratives.

Et faites chauffer le groupe. Cinq minutes d'une question facile et drôle avant la vraie question.

Après la session

Si rien n'est vraiment sorti, ne concluez pas que le groupe manque d'imagination. Demandez-vous si le problème était bien posé. Un groupe qui sèche sur les solutions n'a souvent pas encore compris le problème de la même façon. La prochaine session commence peut-être par l'arbre à problèmes.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

  • Remplir le mur vous-même pour amorcer. Le groupe s'aligne sur vos idées et arrête de chercher.
  • Dire « allez, lâchez-vous ! ». Ça n'a jamais libéré personne.
  • Demander d'emblée des idées « réalistes ». Le réalisme vient au tri, pas à la production.
  • Commenter chaque idée au moment où elle arrive, même en bien.
Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Sur le moment

La séquence d'intervention

  1. Baisser l'exigence 30 s

    Dire qu'on cherche la quantité, pas la qualité, et que les mauvaises idées sont bienvenues.

  2. Faire écrire 5 min

    Chacun seul, en silence, avec un objectif chiffré et un temps court.

  3. Retourner la question 10 min

    Demander comment garantir l'échec, lister, puis repérer ce qu'on fait déjà et inverser.

  4. Contraindre 5 min

    Relancer avec une contrainte précise : zéro euro, lancement lundi, point de vue du concurrent.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Que faire quand personne n'a d'idées en réunion ?

Passer par l'écrit individuel, retourner la question (comment être sûr d'échouer ?) ou ajouter une contrainte précise. Et vérifier que la question est assez concrète.

Comment stimuler la créativité d'un groupe ?

En le nourrissant de matière concrète, en posant une question petite et précise, en séparant la production du tri, et en coupant l'autocensure par l'écrit et le temps court.

Pourquoi le brainstorming ne marche-t-il pas toujours ?

Parce qu'à l'oral, les premières idées orientent toutes les autres et que chacun s'autocensure devant le groupe. Faire écrire en silence avant d'échanger change beaucoup.

Trouver un outil