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Fiche outilDivergence

La TRIZ : viser le pire

La TRIZ, dans sa version Liberating Structures, demande au groupe de lister tout ce qu'il faudrait faire pour obtenir le pire résultat possible. Puis de vérifier, honnêtement, ce qu'il fait déjà de cette liste. Elle sert à décider ce qu'on arrête, pas ce qu'on ajoute. La première partie fait rire, la deuxième fait silence, et c'est ce silence qui compte.

4 à 60 personnes, en petits groupes35 à 45 minIntermédiaire
La ficheDivergence
Objectif
Identifier et arrêter les habitudes qui sabotent le résultat
Moment
Divergence, Décision
Groupe
4 à 60 personnes, en petits groupes
Durée
35 à 45 min
Matériel
Paperboards, feutres, post-it
Niveau
Intermédiaire

À quoi ça sert

Les boîtes savent empiler. Nouveaux projets, nouveaux rituels, nouveaux outils. Elles savent rarement arrêter. La TRIZ fait de la place : elle pointe les habitudes qui sabotent le résultat et que personne n'ose nommer.

L'inversion débloque la parole. Dire « nos réunions ne servent à rien » devant le directeur, c'est risqué. Écrire « pour avoir des réunions inutiles, invitez tout le monde et ne décidez rien » dans un exercice de dérision, c'est permis. Le groupe dit la même chose, avec une porte de sortie.

D'où ça vient

Le nom renvoie à la TRIZ, la théorie de résolution des problèmes inventifs développée en URSS par Genrich Altshuller. La version décrite ici n'en garde qu'une idée : l'inversion. Elle fait partie des Liberating Structures de Henri Lipmanowicz et Keith McCandless, et ne demande aucune formation à la méthode d'origine.

Quand l'utiliser, et quand s'en passer

  • Quand une équipe tourne en rond sur un problème connu depuis des années.
  • Quand les bonnes résolutions s'accumulent sans effet.
  • Quand un sujet est gêné : le détour par l'absurde permet d'aborder un sujet tabou sans accuser personne.
  • Pour préparer un plan d'action, en commençant par ce qu'on supprime.

À éviter dans un groupe en souffrance réelle (plan social, deuil, conflit ouvert) : l'humour de l'exercice tombera à plat, ou blessera. À éviter aussi si le premier responsable des habitudes listées est dans la salle et n'est pas prêt à l'entendre. Parlez-en avec lui avant.

La consigne qui fait tout

La question inverse doit viser un résultat qui compte vraiment pour le groupe. Et elle doit être formulée avec un peu d'exagération, sinon personne ne joue.

  • « Comment être sûrs que nos nouveaux arrivants démissionnent avant la fin de leur période d'essai ? »
  • « Comment organiser un comité de direction dont tout le monde sort épuisé, sans décision, en se méfiant des autres ? »
  • « Comment faire fuir nos meilleurs clients en moins d'un an, sans jamais qu'on puisse nous le reprocher ? »

À la deuxième étape, la question exacte est : « Est-ce qu'on fait déjà quelque chose qui ressemble, même un peu, à ça ? » Le « même un peu » est essentiel. Il autorise la nuance et empêche le groupe de se défausser.

Variantes et combinaisons

Chaque étape peut se faire en 1-2-4-Tous : seul, à deux, à quatre, puis en plénière. C'est la version la plus sûre dans un groupe hiérarchique. Pour un CODIR de huit, faites les deux premières étapes en binômes et la troisième ensemble.

Enchaînez naturellement sur les solutions à quinze pour cent : « parmi ce qu'on arrête, qu'est-ce que vous pouvez arrêter vous-même, dès lundi ? » La TRIZ vise des habitudes. Pour les risques d'un projet précis, le pre-mortem est plus adapté.

Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Pas à pas

Le déroulé

  1. Poser la question inverse 3 min

    Écrivez-la en grand. Précisez le ton : on exagère, on s'amuse, tout est permis.

  2. Lister le pire 10 min

    Seul puis en petits groupes, on dresse la liste de tout ce qui garantirait le pire. Des comportements concrets, pas des généralités.

  3. Se regarder en face 10 min

    Pour chaque ligne : « Est-ce qu'on fait déjà quelque chose qui y ressemble, même un peu ? » On coche honnêtement.

  4. Choisir ce qu'on arrête 10 min

    Parmi les lignes cochées, chaque groupe en choisit une ou deux à arrêter, et formule le premier pas pour le faire.

  5. Partager en plénière 5 min

    Chaque groupe annonce ce qu'il arrête. Le facilitateur note, sans commenter.

Les durées sont indicatives : c'est le groupe qui donne le rythme. Construire ce déroulé dans Cadrage Minuter avec Timer

Ce déroulé se travaille en situation réelle dans la formation Facilitation et intelligence collective d'Insuffle Académie : trois jours, entre 4 et 12 participants, 4,9/5 sur 7 avis.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Quelle différence entre la TRIZ d'Altshuller et celle des Liberating Structures ?

La TRIZ d'origine est une méthode d'ingénierie outillée pour résoudre des contradictions techniques. La version Liberating Structures n'en reprend que l'idée d'inversion, pour un usage de groupe en quarante minutes.

Combien de temps faut-il prévoir ?

Entre trente-cinq et quarante-cinq minutes pour les trois étapes et un partage. En dessous, la deuxième étape est bâclée, et c'est la plus importante.

La TRIZ fonctionne-t-elle avec un groupe hiérarchique ?

Oui, si les deux premières étapes se font en petits groupes de pairs. En plénière devant le directeur, la liste de ce qu'on fait déjà reste polie.

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