1. Accueil
  2. Outils
  3. Cartographie des acteurs
Fiche outilDivergence

La cartographie des acteurs

La cartographie des acteurs (ou carte des parties prenantes) consiste à identifier les personnes et les groupes concernés par un projet, puis à les placer sur une carte selon leur influence et leur position. En atelier, elle se fait à plusieurs, parce que personne ne voit seul tout le réseau. Elle rend visible ce que tout le monde sait à moitié et que personne n'a jamais dit à voix haute.

4 à 15 personnes1 h à 1 h 30Intermédiaire
La ficheDivergence
Objectif
Identifier les acteurs d'un projet et décider comment les associer
Moment
Divergence
Groupe
4 à 15 personnes
Durée
1 h à 1 h 30
Matériel
Kraft avec deux axes tracés, post-it de trois couleurs, feutres
Niveau
Intermédiaire

À quoi ça sert

Un projet échoue rarement à cause d'un mauvais plan. Il échoue parce qu'on a oublié quelqu'un. Les représentants du personnel consultés trop tard. La direction financière qui découvre le budget en comité. L'assistante qui gère tous les agendas et qu'on n'a jamais prévenue.

La carte sert à repérer ces acteurs avant qu'ils ne se manifestent d'eux-mêmes. Elle sert aussi à décider qui associer, qui informer, qui convaincre, et dans quel ordre. Au lancement d'un projet, c'est souvent l'outil qui évite le plus d'ennuis pour le moins de temps.

D'où ça vient

L'analyse des parties prenantes est une pratique ancienne de la gestion de projet et de la stratégie. La grille la plus diffusée croise le pouvoir et l'intérêt des acteurs ; on l'attribue généralement à Aubrey Mendelow. Il en existe de nombreuses variantes, qui croisent par exemple l'influence et l'attitude, ou la proximité et l'engagement.

Les deux axes à tracer

La version la plus utile en atelier croise deux questions simples :

  • En vertical, l'influence : cet acteur peut-il faire réussir ou échouer le projet ? Par son pouvoir formel, son budget, son réseau, ou sa capacité à bloquer.
  • En horizontal, la position : est-il plutôt opposé, neutre ou favorable aujourd'hui, d'après ce qu'on sait vraiment ?

Le coin en haut à gauche, influents et opposés, mérite le plus de temps. Le coin en haut à droite, influents et favorables, est celui qu'on néglige : on les croit acquis, on cesse de les informer, et ils se refroidissent.

Ajoutez une information par un signe sur le post-it : le degré de certitude. Un acteur dont on devine la position n'est pas un acteur dont on la connaît.

Quand l'utiliser, quand l'éviter

Utilisez-la au démarrage d'un projet de changement, avant une négociation, pour préparer un séminaire dont les enjeux dépassent la salle, ou pour qu'un comité de pilotage cesse de parler de « ils » sans savoir qui.

Évitez-la quand le groupe ne connaît pas réellement les acteurs : vous obtiendrez des suppositions présentées comme des faits. Et prudence quand des personnes présentes figurent sur la carte. Écrire « opposé » sur le post-it de son voisin de table demande un cadre solide. Travaillez alors sur des groupes, « les chefs d'équipe de nuit », plutôt que sur des noms.

La consigne qui fait tout

  • « Listez tous ceux qui seront touchés par ce projet, qui peuvent le freiner, ou qui devront faire quelque chose de différent lundi matin. Un acteur par post-it. Pensez aux absents. »
  • « Pour chaque acteur placé, écrivez ce qu'il a à gagner et ce qu'il a à perdre. Pas ce qu'on aimerait qu'il pense. »
  • « Qui, dans cette salle, a parlé à cet acteur ces trois derniers mois ? Si personne, mettez un point d'interrogation. »

La deuxième consigne fait toute la différence. Tant qu'on ne sait pas ce qu'un acteur a à perdre, on ne comprend pas sa position. On la juge.

Avec quoi la combiner

Après la carte, une carte d'empathie sur les deux ou trois acteurs clés approfondit ce qu'ils voient et ressentent. Un pre-mortem fait apparaître comment chacun pourrait, sans le vouloir, faire échouer le projet.

Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Pas à pas

Le déroulé

  1. Poser le projet 5 min

    Écrivez le projet et son horizon en haut du mur. Tracez les deux axes sur un kraft : influence en vertical, position en horizontal.

  2. Lister les acteurs 15 min

    Chacun écrit en silence un acteur par post-it, puis on colle en vrac à côté de la grille. On retire les doublons, on découpe les groupes trop larges.

  3. Placer 20 min

    Le groupe place chaque acteur en débattant brièvement. Un désaccord sur une place se note avec un point d'interrogation, pas avec un vote.

  4. Écrire les enjeux 15 min

    Pour les acteurs du haut de la carte, on note ce qu'ils ont à gagner et à perdre. Chacun dit d'où il tient ce qu'il affirme.

  5. Décider des approches 15 min

    Pour chaque acteur clé : associer, consulter, informer ou convaincre. Un porteur et une première action datée.

Les durées sont indicatives : c'est le groupe qui donne le rythme. Construire ce déroulé dans Cadrage Minuter avec Timer

Ce déroulé se travaille en situation réelle dans la formation Facilitation et intelligence collective d'Insuffle Académie : trois jours, entre 4 et 12 participants, 4,9/5 sur 7 avis.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Comment faire une cartographie des parties prenantes ?

Listez les acteurs concernés par le projet, placez-les sur une grille qui croise leur influence et leur position, notez ce que chacun a à gagner et à perdre, puis décidez pour chacun d'une approche : associer, consulter, informer ou convaincre.

Quelle différence avec la matrice pouvoir intérêt ?

La matrice pouvoir intérêt est une forme de cartographie des acteurs. D'autres grilles croisent l'influence et l'attitude, ou la proximité et l'engagement. Choisissez les axes qui servent votre décision.

Faut-il mettre des noms sur une carte des acteurs ?

Seulement si la carte reste dans un cercle restreint. En atelier large, travaillez sur des groupes d'acteurs plutôt que sur des personnes, surtout si certaines sont dans la salle.

Trouver un outil