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Fiche outilDivergence

La carte d'empathie

La carte d'empathie est une grande feuille découpée en zones, où un groupe décrit une personne précise : client, usager, collègue. Ce qu'elle pense et ressent, ce qu'elle entend, ce qu'elle voit, ce qu'elle dit et fait, ses freins et ses attentes. Bien utilisée, elle oblige le groupe à sortir de son propre point de vue. Mal utilisée, elle sert à habiller de post-it les idées qu'il avait déjà.

3 à 20 personnes, par sous-groupes de 445 à 60 minIntermédiaire
La ficheDivergence
Objectif
Comprendre ce que vit une personne pour laquelle on conçoit
Moment
Divergence
Groupe
3 à 20 personnes, par sous-groupes de 4
Durée
45 à 60 min
Matériel
Grande feuille ou paperboard découpé en zones, post-it de deux couleurs, notes de terrain
Niveau
Intermédiaire

À quoi ça sert

Une équipe qui conçoit un service parle souvent de ses utilisateurs sans jamais se mettre à leur place. « Les clients veulent plus d'options. » Lesquels ? Dans quelle situation ? Qu'est-ce qu'ils voient au moment où ils décident ?

La carte force la précision. Elle découpe l'expérience d'une personne en angles concrets. Et elle fait apparaître le plus intéressant : les contradictions. Ce que la personne dit en réunion et ce qu'elle fait à son bureau. Ce qu'elle entend de sa hiérarchie et ce qu'elle pense vraiment. C'est dans ces écarts que se cachent les vrais problèmes à résoudre.

D'où ça vient

La carte d'empathie a été conçue par Dave Gray, fondateur de l'agence XPLANE. Elle a été largement diffusée par le design de services et les méthodes de conception centrées sur l'utilisateur.

Quand l'utiliser, et quand s'en passer

  • Au début d'un projet de conception, après des entretiens ou des observations de terrain.
  • Pour préparer un changement qui touche des équipes : que va vivre, concrètement, un chef d'atelier lundi matin ?
  • Pour aligner une équipe qui a des images très différentes de ses clients.
  • En amont d'un atelier d'innovation, pour ancrer les idées dans un besoin réel.

À éviter quand le groupe n'a aucune donnée sur la personne. Remplir une carte d'empathie de pures suppositions produit un portrait flatteur de ce que l'équipe croit déjà. Mieux vaut alors aller parler à trois utilisateurs avant l'atelier.

La consigne qui fait tout

La carte porte sur une personne dans une situation, pas sur une catégorie. « Nos clients » ne donne rien. « Sophie, responsable d'agence, le lundi à 8 h quand elle ouvre son planning » donne tout.

  • « Pour chaque zone, écrivez ce que vous avez vu ou entendu en entretien sur un post-it jaune, et ce que vous supposez sur un post-it rose. »
  • Pour la zone penser et ressentir : « Qu'est-ce qui l'inquiète et qu'elle ne dira jamais à son chef ? »
  • Pour la lecture finale : « Où voyez-vous un écart entre ce qu'elle dit et ce qu'elle fait ? »

Les deux couleurs sont la clé. À la fin, le groupe voit d'un coup d'œil ce qui repose sur du terrain et ce qui repose sur des croyances. Une carte à dominante rose, c'est une liste de questions à aller vérifier.

Variantes et combinaisons

Faites plusieurs cartes en parallèle, une par profil, avec des sous-groupes de quatre. Puis comparez. Ou faites une carte pour un collègue interne avant une réorganisation. L'exercice change beaucoup de choses dans un CODIR qui décide pour des équipes qu'il voit peu.

La carte se combine avec une cartographie des acteurs pour choisir les profils à étudier, et avec des questions « comment pourrions-nous » pour passer aux idées. Un Crazy 8s prend bien le relais ensuite.

Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Pas à pas

Le déroulé

  1. Choisir la personne et la situation 5 min

    Un prénom, un rôle, un moment précis. Écrivez-les au centre de la carte, avec un visage dessiné.

  2. Rappeler le terrain 10 min

    Chacun relit ses notes d'entretien ou d'observation. Les verbatims forts sont notés à part.

  3. Remplir les zones 20 min

    Pense et ressent, entend, voit, dit et fait, puis freins et attentes. Post-it jaunes pour l'observé, roses pour le supposé.

  4. Chercher les écarts 10 min

    Le groupe lit la carte à voix haute et relie par un trait les contradictions entre zones.

  5. Formuler les besoins 10 min

    À partir des écarts, on écrit trois à cinq besoins sous forme de question : « Comment pourrions-nous... ? »

Les durées sont indicatives : c'est le groupe qui donne le rythme. Construire ce déroulé dans Cadrage Minuter avec Timer

Ce déroulé se travaille en situation réelle dans la formation Facilitation et intelligence collective d'Insuffle Académie : trois jours, entre 4 et 12 participants, 4,9/5 sur 7 avis.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Qui a inventé la carte d'empathie ?

Dave Gray, fondateur de l'agence XPLANE. L'outil s'est ensuite diffusé dans le design de services et les méthodes de conception centrées sur l'utilisateur.

Quelles sont les zones d'une carte d'empathie ?

Ce que la personne pense et ressent, ce qu'elle entend, ce qu'elle voit, ce qu'elle dit et fait, puis ses freins et ses attentes. Certaines versions ajoutent son objectif en haut de la carte.

Quelle différence avec un persona ?

Le persona décrit un profil type dans son ensemble. La carte d'empathie explore ce qu'une personne vit dans une situation précise. On peut construire la carte à partir d'un persona.

Combien de temps faut-il pour une carte d'empathie ?

Environ une heure pour une carte bien remplie et les besoins qui en sortent. Plus si le groupe doit d'abord partager ses notes de terrain.

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