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Fiche outilDécision

Le consentement

La décision par consentement ne demande pas que tout le monde soit d'accord. Elle demande que personne n'ait d'objection argumentée. La nuance change tout : on ne cherche plus la meilleure solution pour chacun, mais une solution assez bonne pour avancer, et assez sûre pour être essayée.

3 à 1515 à 45 min par propositionIntermédiaire
La ficheDécision
Objectif
Prendre une décision collective sans exiger l'unanimité
Moment
Décision
Groupe
3 à 15
Durée
15 à 45 min par proposition
Matériel
Paperboard pour la proposition écrite, deux couleurs de feutre
Niveau
Intermédiaire
Origine
Sociocratie, Gerard Endenburg, années 1970

À quoi ça sert

Une équipe de dix discute depuis trois réunions de ses règles de télétravail. Chacun a une version légèrement meilleure. Personne ne cède, rien n'est décidé, et la règle actuelle, que tout le monde trouve mauvaise, continue de s'appliquer.

Le consentement sort de cette impasse. Il change la question posée au groupe. Plus « êtes-vous d'accord ? », mais « pouvez-vous vivre avec, le temps de l'essayer ? ». Les préférences restent légitimes. Elles ne bloquent plus.

D'où ça vient

Elle vient de la sociocratie, formalisée aux Pays-Bas par Gerard Endenburg à partir des années 1970, et reprise ensuite par d'autres modèles de gouvernance partagée.

Quand l'utiliser, et quand s'en passer

Quand un groupe doit décider ensemble et que le consensus prend trop de temps ou n'arrive jamais. Quand une décision peut être révisée, et qu'il vaut mieux essayer que discuter indéfiniment. Pour des règles de fonctionnement, des choix d'organisation, des priorités d'équipe. De trois à une quinzaine de personnes.

Pas quand la décision est irréversible et lourde : « assez bon pour essayer » suppose qu'on puisse revenir en arrière. Et pas quand la décision appartient en réalité à une seule personne. Faire semblant de décider ensemble est pire que de dire qui décide.

La consigne qui fait tout

Tout se joue au tour d'objections. La question doit être posée à chacun, à voix haute, avec la même formule à chaque fois.

  • « Voyez-vous une raison pour laquelle cette proposition nous ferait du tort, ou nous empêcherait d'atteindre notre but ? Si c'est une préférence, gardez-la pour le tour de réactions. »
  • Face à une objection : « Qu'est-ce qui se passerait concrètement si on l'appliquait lundi ? Que faudrait-il changer pour que vous puissiez vivre avec ? »
  • Pour conclure : « Pas d'objection. La proposition est adoptée. On la revoit à la réunion du premier lundi de juin. »

La deuxième formule transforme l'objecteur en co-auteur. C'est elle qui rend le consentement rapide.

Les erreurs qui coûtent cher

Confondre objection et préférence. « J'aurais préféré autre chose » n'est pas une objection. Le facilitateur aide chacun à faire la différence, sans quoi le consentement devient un droit de veto. Oublier la révision. « Assez bon pour essayer » suppose qu'on revoie. Sans date de révision, on a juste décidé vite.

Variantes

L'élection sans candidat, autre pratique de la sociocratie, applique le même principe au choix d'une personne pour un rôle. Le consentement rapide, une main levée pour dire « pas d'objection », suffit pour les petites décisions quotidiennes d'une équipe habituée.

Avec quoi le combiner

On ne consent pas à un sujet, on consent à une proposition. Pour la construire, un 1-2-4-Tous ou un passage par les six chapeaux fait le tour des angles. Pour sonder la salle avant le tour formel, un poing à cinq montre en dix secondes s'il reste des réserves fortes.

Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Pas à pas

Le déroulé

  1. Présenter la proposition 3 min

    Une proposition claire, écrite, portée par quelqu'un. On ne consent pas à un sujet, on consent à une proposition.

  2. Tour de clarification 5 min

    Chacun pose ses questions de compréhension, sans donner d'avis. Le porteur répond.

  3. Tour de réactions 5 à 10 min

    Chacun donne son avis en une phrase ou deux, sans débat. Le porteur peut ensuite ajuster sa proposition s'il le juge utile.

  4. Tour d'objections 5 min

    Le facilitateur demande à chacun : as-tu une objection ? Une objection est un argument montrant que la proposition nuit au groupe ou l'empêche d'atteindre son but, pas une préférence.

  5. Traiter les objections 5 à 20 min

    S'il y en a, le groupe améliore la proposition pour la lever, puis refait un tour d'objections. S'il n'y en a pas, la décision est prise.

  6. Fixer la révision 1 min

    Une date, notée au paperboard et dans le compte rendu, pour revoir la décision à la lumière de ce qui s'est passé.

Les durées sont indicatives : c'est le groupe qui donne le rythme. Construire ce déroulé dans Cadrage Minuter avec Timer

Ce déroulé se travaille en situation réelle dans la formation Facilitation et intelligence collective d'Insuffle Académie : trois jours, entre 4 et 12 participants, 4,9/5 sur 7 avis.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Qu'est-ce que la décision par consentement ?

Un mode de décision où une proposition est adoptée quand personne n'a d'objection argumentée, sans exiger que tout le monde soit d'accord. Il vient de la sociocratie et vise une solution assez bonne pour avancer et assez sûre pour être essayée.

Quelle différence entre consentement et consensus ?

Le consensus cherche l'accord de tous ; le consentement cherche l'absence d'objection. On peut consentir à une proposition qu'on n'aurait pas choisie, à condition qu'elle ne nuise pas au groupe.

Qu'est-ce qu'une objection valable ?

Un argument montrant que la proposition nuit au groupe ou l'empêche d'atteindre son but. Une préférence personnelle n'est pas une objection. Toute objection sert à améliorer la proposition.

Combien de temps prend une décision par consentement ?

Quinze à quarante-cinq minutes pour une proposition, selon le nombre d'objections. Avec une équipe entraînée, les petites décisions se prennent en cinq minutes.

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