D'où viennent les facilitateurs
Du management, souvent : des managers qui ont compris que leur équipe en savait plus qu'eux et qui ont cherché comment le faire émerger. De la formation, du coaching, du conseil, des ressources humaines. De la conduite de projet. Et de métiers inattendus : l'enseignement, le théâtre, le travail social.
Ce qui les rassemble n'est pas un parcours. C'est un goût : celui de voir un groupe trouver ce qu'aucun de ses membres n'avait seul.
Ce que le métier demande vraiment
Une posture : renoncer à avoir raison sur le contenu, tout en étant ferme sur le processus. C'est le plus difficile, et ça ne s'apprend pas dans un livre.
Une capacité d'observation : voir ce qui se passe au-delà de ce qui se dit. Un sens de la conception : la moitié du travail se fait avant la session. Et une solidité : tenir le silence, le conflit, le participant qui résiste, sans se raidir ni lâcher. Voir les compétences du facilitateur.
Se former
Une formation courte donne les bases : la posture, le cadre, quelques outils. Une formation de plusieurs jours, avec des mises en situation et une évaluation sur un atelier réel, fait passer de l'improvisation au métier.
Ce qui compte n'est pas la durée mais la part de pratique. On apprend à faciliter en facilitant, avec un retour sur ce qu'on a fait. Posez une question simple à l'organisme : « Combien de temps vais-je passer devant un groupe, avec un retour sur ce que j'ai fait ? » Voir choisir sa formation.
Chez Insuffle Académie, les fondamentaux de la facilitation tiennent en une journée. La formation facilitation et intelligence collective dure trois jours, 21 heures, en inter à Paris ou à Deauville, ou en intra partout en France. Elle est finançable par un OPCO, pas par le CPF.
Commencer à pratiquer
Pas par un séminaire de direction. Par des sessions courtes, à faible enjeu, là où une erreur coûte peu : une réunion d'équipe, un atelier interne, une association. Avec un binôme si possible, quelqu'un qui observe et fait un retour. Puis des enjeux un peu plus élevés.
Tenez un carnet. Après chaque session, trois lignes : ce qui a marché, ce qui a coincé, ce que vous changerez. Au bout de vingt sessions, ce carnet vous aura appris autant qu'un stage.
Les communautés de facilitateurs sont précieuses à ce stade : on y échange des outils, des situations, des erreurs.
Les erreurs des premiers mois
Parler trop. Remplir le déroulé jusqu'à la dernière minute. Donner son avis sur le fond. Accepter un atelier sans cadrage.
On les retrouve chez presque tous les débutants, et elles se corrigent vite quand quelqu'un vous les montre. Voir les erreurs du débutant.
En vivre
Deux voies. Facilitateur interne, dans une organisation, souvent en plus d'un autre rôle. Ou facilitateur externe, indépendant ou en cabinet, qui vit de ses interventions. Les deux métiers se ressemblent moins qu'on croit : voir interne ou externe.
Pour l'externe, le chemin vers une activité régulière prend en général plusieurs années. Un facilitateur professionnel facture entre 2 500 et 5 000 € par jour, conception et suivi compris. Mais le prix d'une journée ne dit rien du nombre de journées vendues. Voir facilitateur indépendant.
