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Situation difficileCe qu'on fait, concrètement

Les écrans ouverts

Les écrans ouverts, ce sont ces ordinateurs dépliés pendant l'atelier et ces téléphones retournés qui vibrent sur la table. Ces yeux qui descendent vers un mail pendant que quelqu'un parle. Votre premier réflexe est d'interdire. Avant, regardez quand les écrans s'ouvrent : ils vous disent quelque chose sur votre déroulé.

Vous reconnaissez ?Les signes
  • Des ordinateurs dépliés dès l'arrivée, même quand rien n'est à projeter.
  • Des téléphones retournés sur la table qu'on regarde à chaque vibration.
  • Des yeux qui descendent vers un écran dès qu'un autre participant parle.
  • Des réponses à côté parce que la personne n'a pas entendu la question.
  • Le dirigeant qui traite ses mails pendant la présentation de son équipe.

Ce qui se passe vraiment

Les écrans s'ouvrent pour quatre raisons.

  • Une vraie urgence. Un client, un incident, une équipe qui attend une réponse. C'est rare, mais c'est réel.
  • Une séquence passive. Une présentation, une restitution en plénière, un tour de table de douze personnes. Rien à faire de ses mains ni de sa tête.
  • La norme du groupe. Si le directeur a son ordinateur ouvert, tout le monde se sent autorisé.
  • La prise de notes. Certains notent vraiment, et ils ont peur de perdre ce qui se dit.

Les écrans sont un thermomètre. S'ils s'ouvrent tous pendant la même séquence, c'est la séquence qui pose problème. Pas les gens.

Sur le moment, que faire

Proposez une règle en ouverture, et négociez-la. Une règle imposée tient jusqu'à la première pause. Une règle négociée tient la journée.

« Je vous propose un contrat pour la matinée : écrans fermés pendant les séquences, et une vraie pause toutes les heures et demie pour vos messages. Qui a une urgence réelle aujourd'hui ? On s'organise pour que vous puissiez sortir quand il faut. »

Pour les preneurs de notes : « Si vous prenez des notes, pas de souci. Mais tout sera récolté et photographié, vous recevrez tout. Vous pouvez lâcher le clavier. » Une récolte visible, comme la facilitation graphique, enlève le besoin de noter.

Quand les écrans s'ouvrent en cours de route, nommez sans accuser : « Je vois des écrans s'ouvrir. Ça me dit que cette partie ne vous parle pas, ou qu'il y a une urgence. C'est lequel ? » La réponse vous aide à ajuster.

Puis changez l'activité. Occupez les mains et mettez en petits groupes. En 1-2-4-Tous, personne ne peut se cacher derrière un écran : à deux, on ne lit pas ses mails pendant que l'autre parle.

Si une personne ne lâche pas son téléphone, allez la voir à la pause, seule : « Je vous vois très sollicité aujourd'hui. Est-ce que vous voulez sortir une demi-heure pour régler ça tranquillement ? » Souvent, elle range le téléphone. Parfois, elle sort. Les deux sont mieux qu'une présence absente.

Avant la session, comment l'éviter

Annoncez la règle dans l'invitation : « Journée sans ordinateur, avec des pauses prévues pour vos messages à 10 h 30, 12 h 30 et 15 h 30. » Les gens s'organisent avant, préviennent leurs équipes, délèguent.

Parlez au sponsor ou au dirigeant avant. S'il ferme son ordinateur le premier, la règle est tenue. S'il le garde ouvert, aucune règle ne tiendra.

Supprimez du déroulé les longues séquences passives. Pas de présentation de plus de quinze minutes sans activité. Pas de restitution de six groupes en plénière. Voir l'énergie du groupe.

Et remplissez les tables : post-it, feutres, feuilles A4. Des mains occupées à écrire n'ont pas le temps de chercher un téléphone.

Après la session

Notez les moments où les écrans se sont ouverts. Mettez-les en face du déroulé. Vous aurez la liste précise des séquences à réécrire pour la prochaine fois. C'est un retour gratuit, plus fiable que n'importe quelle évaluation.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

  • Humilier en public : « Monsieur, on ne vous dérange pas ? »
  • Confisquer les téléphones dans une corbeille, sans accord du groupe. Vous traitez des adultes comme des élèves.
  • Faire la morale sur le respect des autres.
  • Laisser le dirigeant sur son ordinateur et reprocher aux autres d'être sur le leur.
Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Sur le moment

La séquence d'intervention

  1. Négocier la règle 3 min

    Proposer écrans fermés contre des pauses dédiées, et organiser les urgences réelles.

  2. Lire le signal 10 s

    Quand les écrans s'ouvrent, noter la séquence en cours : c'est elle qu'il faut interroger.

  3. Nommer sans accuser 1 min

    Demander si la séquence ne parle pas ou s'il y a une urgence, et écouter la réponse.

  4. Changer d'activité 10 min

    Passer en binômes ou en petits groupes, avec une tâche qui occupe les mains.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Faut-il interdire les téléphones en réunion ?

Mieux vaut négocier qu'interdire : écrans fermés pendant les séquences, contre des pauses à heure fixe pour les messages. Une règle négociée tient, une règle imposée tombe à la première pause.

Comment gérer les ordinateurs ouverts pendant un atelier ?

Regarder pendant quelle séquence ils s'ouvrent, nommer ce qu'on voit sans accuser, puis changer d'activité : petits groupes, mains occupées, tâche concrète.

Que faire si le manager est sur son ordinateur pendant l'atelier ?

Lui en parler avant la session, seul. Il pose la norme. S'il ferme son écran le premier, le groupe suit presque toujours.

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