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Situation difficileCe qu'on fait, concrètement

Les participants forcés

Les participants forcés n'ont pas choisi d'être là. Leur manager les a inscrits, la direction a convoqué tout le service, la RH a rendu l'atelier obligatoire. Ils arrivent avec leur ordinateur, leurs urgences et une question dans les yeux : combien de temps ça va durer ? Faire comme s'ils étaient enthousiastes est la pire des options.

Vous reconnaissez ?Les signes
  • Des ordinateurs ouverts dès l'arrivée, des mails traités pendant l'introduction.
  • Une première question sur l'heure de fin, avant toute autre.
  • Des chaises qui se remplissent par le fond de la salle.
  • Un tour d'inclusion aux réponses minimales : « rien de spécial », « ça va ».
  • Des « on m'a dit de venir » quand vous demandez les attentes.

Ce qui se passe vraiment

Personne ne leur a expliqué pourquoi eux. L'invitation disait « atelier de co-construction », sans dire ce qu'on attendait d'eux ni ce qu'on ferait de leur travail.

Leur journée continue sans eux. Les mails s'accumulent, les clients appellent, le travail les attend le soir. Chaque heure d'atelier, ils la paieront plus tard.

Certains ont déjà vécu des ateliers inutiles. Ils ont appris à se protéger : présents physiquement, absents le reste du temps. Ce n'est pas de la mauvaise volonté. C'est une économie d'énergie rationnelle.

Sur le moment, que faire

Nommez la contrainte en premier. Avant les objectifs, avant le programme :

« Je sais que la plupart d'entre vous n'ont pas choisi d'être là ce matin. Vous avez du travail qui attend. Je ne vais pas faire comme si ce n'était pas le cas. »

Puis mesurez, sans jugement : « Sur vos doigts, de un à cinq, combien vous aviez envie de venir ce matin ? » Les mains se lèvent, souvent basses. Le groupe rit un peu. Vous avez gagné en crédit ce que vous avez perdu en illusion.

Ensuite, négociez un contrat :

  • « Qu'est-ce qui ferait que cette journée vaille votre déplacement ? Une chose, chacun. »
  • « Voilà ce que je vous garantis : on finit à l'heure, on ne fait rien qui ne serve pas, et ce que vous produirez sera présenté au comité de direction le 12. »
  • « En échange, je vous demande de jouer le jeu sur les deux prochaines heures. Si à midi vous trouvez que c'est inutile, vous me le direz. »

Gardez les attentes au mur et cochez-les pendant la journée. Faites un vrai point à midi. Et travaillez sur ce qui est à leur portée. Les quinze pour cent, une des Liberating Structures, leur rendent du pouvoir avec une seule question : « Qu'est-ce que vous pouvez faire, vous, sans demander l'autorisation à personne ? »

Avant la session, comment l'éviter

Au cadrage, demandez pour chaque profil invité : « Pourquoi ces personnes ? Qu'est-ce qu'elles apportent que d'autres n'apporteraient pas ? » Si la réponse est « parce qu'il faut que tout le monde soit associé », creusez. Associer n'est pas convoquer.

Faites écrire une invitation qui répond à trois questions : pourquoi vous, ce qu'on attend de vous, ce qu'on fera de votre travail. Signée par le sponsor, pas par la RH.

Si c'est possible, laissez un choix. Choisir sa demi-journée, son atelier ou son sous-groupe change la relation. Et vérifiez que la décision n'est pas déjà prise : sinon, vous animez un atelier alibi.

Après la session

La suite convaincra les prochains forcés. Envoyez sous huit jours ce qui a été retenu, ce qui ne l'a pas été et pourquoi. Tenez la date annoncée pour la présentation à la direction. Un groupe convoqué qui voit son travail servir revient la fois suivante avec une autre tête.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

  • Ouvrir par « Je suis sûr que vous êtes ravis d'être là ! ». Vous perdez la salle dans la première minute.
  • Culpabiliser : « C'est quand même un investissement de l'entreprise pour vous. »
  • Enchaîner les jeux d'énergie pour masquer le manque d'envie.
  • Promettre des suites que le sponsor n'a pas validées.
Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Sur le moment

La séquence d'intervention

  1. Nommer la contrainte 1 min

    Dire en ouverture que vous savez qu'ils n'ont pas choisi d'être là, sans ironie.

  2. Mesurer l'envie 2 min

    Poing à cinq sur l'envie de venir. Accueillir les résultats avec humour, sans commentaire.

  3. Recueillir les attentes 10 min

    Chacun dit ce qui rendrait la journée utile pour lui. On l'écrit au mur.

  4. Passer le contrat 3 min

    Vos garanties contre deux heures de jeu joué. Rendez-vous fixé à midi pour faire le point.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Comment animer un atelier avec des participants qui ne veulent pas être là ?

Reconnaître la contrainte dès l'ouverture, recueillir ce qui rendrait la journée utile pour chacun, et passer un contrat : vos garanties contre leur engagement sur une durée courte, avec un point d'étape.

Faut-il rendre un atelier obligatoire ?

Pas si on peut l'éviter. Mieux vaut inviter clairement, expliquer pourquoi chaque personne est là, et laisser un choix sur la date ou le sous-groupe.

Comment motiver des participants démotivés en formation ou en atelier ?

Pas en les motivant. En leur montrant vite que le temps sert à quelque chose, en travaillant sur ce qui est à leur portée, et en tenant ce qu'on promet sur l'horaire et la suite.

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