Ce qui se passe vraiment
Un mur de post-it, c'est de l'intelligence collectée : la somme d'opinions individuelles, rassemblées au même endroit. C'est utile, mais ce n'est pas de l'intelligence collective.
L'intelligence collective, c'est quelque chose que le groupe sait ensemble sans que personne le sache seul. Elle ne naît que de trois conditions : un désir partagé, une sécurité réelle, et une diversité de points de vue qui se rencontrent.
L'autre problème est plus simple : personne n'avait prévu ce que deviendraient les post-it. Ni qui les lirait, ni qui déciderait, ni quand.
Sur le moment, que faire
Le mur se remplit de mots-valises. Arrêtez la collecte. « Je vois beaucoup de post-it “communication”. Qu'est-ce que ça veut dire, concrètement ? Donnez-moi un exemple de la semaine dernière. » Un post-it utile tient en une phrase, avec un verbe.
Puis faites travailler les idées au lieu de les empiler. Regroupez en familles, avec le groupe, debout devant le mur. Nommez chaque famille par une phrase, pas par un mot. Faites repérer les tensions : « Quelles idées se contredisent ? » C'est là que naît quelque chose que personne n'avait seul.
Et gardez la moitié du temps pour converger. Une session qui ne fait que diverger laisse un mur. Voir divergence et convergence.
Avant la session, comment l'éviter
Avant de commencer, dites ce que deviendra le mur : qui le lira, qui décidera, quand les participants sauront ce qui a été retenu.
Changez la consigne d'écriture : « Une idée par post-it, une phrase qui commence par un verbe, lisible à trois mètres. » La qualité du mur change en une consigne.
Après la session
Ne tapez pas les post-it. Photographiez les regroupements et écrivez une page : les deux ou trois choses retenues, avec un nom et une date, et ce qui est archivé, dit comme tel. Voir récolter.
Quelques semaines après, revenez vers le groupe : voici ce qu'on a fait de votre travail. C'est ce qui fait qu'ils reviendront.
Ce qu'il ne faut surtout pas faire
Promettre que « tout sera pris en compte ». Tout ne le sera pas, et tout le monde le sait. Dites plutôt : « On va en retenir deux ou trois, et vous saurez lesquelles. »
Confondre quantité et qualité. Deux cents post-it ne sont pas un résultat. Trois décisions en sont un. Et quand le mur déborde d'idées que personne n'arrive à trier, c'est une autre situation : voir trop d'idées.