À quoi ça sert
Fin d'atelier. Vingt idées au mur, toutes bonnes, toutes défendues par quelqu'un. Si vous demandez « laquelle on garde ? », chacun défend la sienne et la discussion tourne à la négociation.
La matrice change la question. On ne demande plus « laquelle préférez-vous ? » mais « qu'est-ce qu'elle rapporte, et qu'est-ce qu'elle coûte ? ». On discute de critères, plus de goûts. Et la case du bas à droite donne enfin le droit de renoncer.
D'où ça vient
C'est un outil de priorisation très répandu en gestion de projet, en qualité et en facilitation, dérivé des grilles à deux axes utilisées depuis longtemps pour arbitrer. Il n'a pas d'inventeur identifié. Il a une qualité rare : il fait discuter des critères plutôt que des préférences.
Quand l'utiliser, et quand s'en passer
Après une phase d'idées, quand il faut choisir ce qui passe en premier. Quand un groupe a plus d'idées que de moyens, c'est-à-dire presque toujours. Pour faire dire à voix haute ce qu'on renonce à faire. Avec des groupes de trois à quinze.
Pas quand les idées ne sont pas comparables, par exemple une idée de stratégie et une idée d'organisation d'une réunion. Et pas quand l'impact ne peut pas être estimé sans une analyse préalable : la matrice deviendrait un vote d'intuitions déguisé.
La consigne qui fait tout
Le mot « impact » ne veut rien dire tant qu'on ne l'a pas défini. Chacun y met son critère : le client, le chiffre, le confort de l'équipe. Définissez les deux axes à voix haute, et écrivez la définition sur le mur.
- « Pour nous, aujourd'hui, impact veut dire : moins de réclamations clients d'ici l'été. Rien d'autre. »
- « Effort, ce sont des jours de travail de l'équipe et de l'argent qu'on n'a pas encore. Pas la difficulté intellectuelle. »
- Pour chaque idée placée trop haut : « Qu'est-ce qui rend celle-ci difficile ? Qui devrait dire oui pour qu'elle se fasse ? »
Les erreurs qui coûtent cher
Une personne qui place tout. Si le manager positionne chaque idée, le groupe regarde. La discussion est l'outil. Oublier la case d'abandon. C'est la plus utile. Renoncer à voix haute à des idées, c'est ce qui rend crédibles celles qu'on garde.Variantes
Le vote à deux couleurs, une pour l'impact et une pour l'effort, avant de placer, accélère avec un grand groupe. La matrice urgence et importance applique la même logique au temps. Des axes valeur et risque conviennent pour choisir des chantiers.
Avec quoi le combiner
Avec plus de vingt idées, faites d'abord un vote par gommettes pour n'en placer que les dix premières. Pour découper ensuite un projet, MoSCoW prend le relais sur les idées retenues. Et pour valider le choix final en groupe, la décision par consentement évite de rouvrir tout le débat.