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MéthodeComprendre et appliquer

Le double diamant

Le double diamant est un modèle de conduite de projet en quatre phases, publié par le Design Council britannique en 2005 : découvrir, définir, développer, livrer. Il dessine deux losanges successifs, l'un pour trouver le bon problème, l'autre pour trouver la bonne solution. Sa règle tient en une phrase : pas de solution tant que le problème n'est pas écrit.

Les étapes4 étapes
  1. Découvrir1 à 3 semaines
  2. Définirune demi-journée
  3. Développerune demi-journée à une journée
  4. Livrer2 à 6 semaines

L'idée

Dans les boîtes, la plupart des ateliers commencent par le deuxième losange. Le sponsor arrive avec « il nous faut une nouvelle appli » ou « il faut refaire l'accueil ». Le groupe passe la matinée à produire des idées pour un problème que personne n'a vérifié.

Le double diamant remet de l'ordre. Premier losange : on ouvre sur le problème, puis on le referme sur une formulation précise. Deuxième losange : on ouvre sur les solutions, puis on referme sur une solution testée. Chaque losange est un mouvement de divergence puis convergence, appliqué deux fois, à deux objets différents.

Ce que le modèle ajoute au diamant de la participation : un point de passage obligé entre les deux. La sortie du premier losange, c'est une phrase écrite au paperboard, que le groupe accepte comme point de départ.

D'où ça vient

Le Design Council, organisme public britannique de promotion du design, a publié le schéma en 2005. Il cherchait un langage commun pour décrire la façon dont travaillaient des équipes de design dans des secteurs très différents.

Le modèle a depuis quitté les agences. On le retrouve dans les services publics, les projets de transformation, les ateliers d'innovation. Le Design Council l'a lui-même fait évoluer en insistant sur les allers-retours entre les phases : on ne descend pas le schéma comme un escalier.

Les quatre phases, concrètement

  • Découvrir. On sort de la salle. Entretiens, observation, retours clients, données existantes. On collecte sans trier.
  • Définir. On regroupe, on cherche les tensions qui reviennent, on choisit. La sortie est une question.
  • Développer. On produit beaucoup de pistes, puis des prototypes grossiers : maquette papier, scénario joué, affiche.
  • Livrer. On teste avec les vrais utilisateurs, on garde ce qui marche, on lance ou on arrête.

La phrase de sortie du premier losange a une forme précise. Elle nomme un public, un moment, une tension. « Comment pourrions-nous permettre aux nouveaux arrivants de trouver un interlocuteur dès leur première semaine ? » se travaille. « Comment améliorer l'intégration ? » ne se travaille pas : elle rouvre tout.

Ce que ça change pour le facilitateur

Vous devenez le gardien des portes. Votre travail le plus utile tient en deux moments : empêcher le groupe de sauter en solution pendant qu'il découvre, et l'empêcher de rouvrir le problème pendant qu'il développe.

Quand une solution surgit trop tôt, ne la tuez pas. Garez-la : « Bonne idée. Je la mets au parking des solutions, on y revient dans le deuxième diamant. Là, on cherche encore ce qui coince vraiment. » La personne se sent entendue. Le groupe reste dans sa phase.

Affichez le double diamant au mur, en grand, avec un post-it rouge qui indique où l'on est. Les impatients voient quand leur tour viendra.

Choisissez les outils par phase. Pour découvrir : entretiens croisés, carte d'empathie, cinq pourquoi. Pour définir : regroupement par affinités, vote. Pour développer : crazy 8, brainwriting. Pour livrer : pre-mortem, matrice impact effort.

Les limites

Le schéma est propre. La réalité ne l'est pas. On découvre en développant, on redéfinit en testant. Si vous vendez le double diamant au sponsor comme une séquence linéaire, il vous reprochera chaque retour en arrière.

La phase Découvrir coûte du temps hors de la salle. Un atelier d'une demi-journée ne fait pas un double diamant. Il en fait un morceau. Dites-le au commanditaire dès le cadrage, pas le jour J.

Le modèle ne dit rien du pouvoir. Qui valide la phrase de définition ? Qui choisit la solution livrée ? Réglez ça en amont, avec les modes de décision, sinon le deuxième losange se fermera dans un bureau, sans le groupe.

Exemple type

Une direction des ressources humaines veut « refaire l'onboarding ». Le groupe projet compte dix personnes. Première étape : chacun interroge deux salariés arrivés depuis moins d'un an. Retour en salle, verbatims sur post-it au mur.

Surprise : le problème n'est pas le premier jour. Il est à la sixième semaine, quand le parrain disparaît. Phrase de sortie : « Comment pourrions-nous garder un repère humain au nouvel arrivant pendant ses trois premiers mois ? » Quinze jours plus tard, deuxième atelier : idées, trois prototypes papier, test auprès de cinq recrues. Le livret d'accueil prévu au départ n'est jamais écrit.

Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Pas à pas

Les étapes

  1. Découvrir 1 à 3 semaines

    Entretiens, observation, collecte de ce qui existe. On note ce qu'on voit, pas ce qu'on en pense. Le groupe revient avec des faits et des verbatims.

  2. Définir une demi-journée

    Regroupement au mur, recherche des tensions récurrentes, choix d'une question « Comment pourrions-nous... ». Le sponsor valide la phrase avant la suite.

  3. Développer une demi-journée à une journée

    Idées en quantité, puis prototypes grossiers. On vise vite et moche : le prototype sert à apprendre, pas à convaincre.

  4. Livrer 2 à 6 semaines

    Tests auprès des vrais utilisateurs, ajustements, puis décision explicite : lancer, reprendre ou arrêter.

Ce déroulé se travaille en situation réelle dans la formation Facilitation et intelligence collective d'Insuffle Académie : trois jours, entre 4 et 12 participants, 4,9/5 sur 7 avis.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Quelles sont les 4 phases du double diamant ?

Découvrir, définir, développer, livrer. Les deux premières servent à trouver le bon problème, les deux dernières à trouver la bonne solution. Chaque paire forme un losange : on ouvre, puis on ferme.

Qui a inventé le double diamant ?

Le Design Council, organisme britannique de promotion du design, qui l'a publié en 2005 pour décrire un processus commun à des équipes de design de secteurs variés.

Quelle différence entre double diamant et design thinking ?

Le design thinking est une démarche globale centrée sur l'utilisateur. Le double diamant en est une représentation : il insiste sur l'enchaînement de deux divergences et de deux convergences, l'une sur le problème, l'autre sur la solution.

Peut-on faire un double diamant en un seul atelier ?

Une version courte, oui, si la matière de la phase Découvrir existe déjà : entretiens, retours clients, données. Sans cette matière, l'atelier unique n'est qu'un deuxième diamant déguisé.

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