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FormatConcevoir et réussir

Écrire sa raison d'être

Un atelier de raison d'être aide une organisation à formuler pourquoi elle existe, au-delà de ce qu'elle vend, dans une phrase que ses équipes reconnaissent. Le risque est connu : trois mois de travail pour un slogan que personne ne retient. La différence tient à la matière qu'on met dedans, et aux choix qu'on accepte d'en tirer.

Le déroulé type5 étapes
  1. Récits en binômes1 h
  2. Partage en groupes1 h
  3. Le test de la disparition45 min
  4. Premières formulations1 h
  5. Test sur une décision réelle45 min

À quoi ça sert

Une raison d'être utile sert à arbitrer. Face à deux projets, deux clients, deux recrutements, elle aide à choisir. Si elle ne sert jamais à dire non, c'est une décoration.

Elle sert aussi à relier. Un technicien de maintenance, une comptable et un commercial doivent pouvoir la lire et se dire : « Oui, c'est pour ça que je viens le matin. » Si seule la direction s'y reconnaît, elle a écrit un texte pour le rapport annuel.

En France, une société peut aussi inscrire sa raison d'être dans ses statuts. Ce n'est pas le sujet de l'atelier. On travaille d'abord le sens. La forme juridique vient ensuite, si la direction le souhaite.

Quand c'est le bon format

Au moment d'une fusion, d'un changement de direction, d'un cap symbolique qui oblige à se regarder. Quand la boîte a grandi vite et que les nouveaux ne partagent plus rien avec les anciens. Quand les équipes ne comprennent plus pourquoi on fait les choses.

Ce n'est pas le bon moment en plein plan de départs. Écrire une phrase inspirante pendant qu'on supprime des postes produit du cynisme, pas du sens. Voir le participant cynique.

Ce qui le fait échouer

Le travail de mots. On passe une heure sur un verbe : « accompagner » ou « permettre » ? La phrase devient impeccable et creuse. On travaille la matière d'abord, les mots en dernier.

La page blanche. « Quelle est notre raison d'être ? » posée à froid produit des généralités : servir nos clients, créer de la valeur, prendre soin de nos équipes. Toutes les boîtes du pays pourraient signer ça.

L'agence qui écrit seule. Une belle formule livrée clé en main, adoptée par la direction. Les équipes ne l'ont pas vue naître. Elles ne la défendront pas.

Le déroulé type

On part d'histoires, pas de concepts. La meilleure matière, ce sont des moments réels où l'organisation a été fidèle à elle-même. La consigne : « Racontez un moment où vous avez été fier de travailler ici. Pas un chiffre, une scène : qui était là, ce qui s'est passé, ce que ça a changé pour quelqu'un. »

Les récits se partagent en petits groupes, avec une grille d'écoute : qu'est-ce qui revient ? Pour qui a-t-on fait la différence ? Qu'est-ce qu'on a refusé de faire ? La logique est proche de l'Appreciative Inquiry de David Cooperrider : partir de ce qui marche déjà.

Puis vient le test de la disparition : « Si nous disparaissions demain, qu'est-ce qui manquerait, et à qui ? » La réponse doit être précise. Si elle ne l'est pas, on n'a pas encore trouvé.

L'écriture se fait en petit comité, puis revient au grand groupe en deux ou trois versions. On ne vote pas le mot à mot. On demande : « Laquelle de ces versions vous aide le plus à trancher une décision difficile ? »

Ce que ça demande en préparation

Des récits collectés avant, auprès de gens de tous niveaux, pas seulement des cadres. Si possible, deux ou trois clients ou partenaires, pour un regard du dehors.

Une décision de la direction sur la suite : que ferons-nous de cette phrase dans six mois ? La relier à des choix concrets (critères de recrutement, sélection des projets, discours client) est le seul moyen qu'elle vive.

Faire soi-même ou faire faciliter

La direction peut difficilement animer ce travail. Elle a déjà une idée de la réponse, et les équipes le savent. Un facilitateur externe protège la phase d'exploration : il laisse sortir des récits que la direction n'aurait pas choisis, y compris ceux qui dérangent.

Le facilitateur ne rédige pas la raison d'être. Il organise le processus qui permet au collectif de la trouver. Et il résiste à la formule brillante qui plairait à tout le monde.

Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Le programme

Le déroulé type

  1. Récits en binômes 1 h

    Chacun raconte un moment de fierté à un collègue qu'il connaît peu. L'autre note les mots forts et la personne pour qui ça a compté.

  2. Partage en groupes 1 h

    Quatre à six personnes mettent leurs récits en commun et repèrent ce qui revient. Chaque groupe sort trois fils rouges.

  3. Le test de la disparition 45 min

    « Si nous disparaissions demain, qu'est-ce qui manquerait, à qui ? » Réponses individuelles, puis regroupement au mur.

  4. Premières formulations 1 h

    Des groupes mixtes proposent chacun une phrase. On les affiche côte à côte, on repère ce qui se ressemble.

  5. Test sur une décision réelle 45 min

    On reprend un arbitrage récent et on regarde quelle formulation aurait aidé à le trancher.

Les durées sont indicatives : c'est le groupe qui donne le rythme. Construire ce déroulé dans Cadrage Minuter avec Timer

Insuffle, qui édite ce site, conçoit et facilite ce type d'événement partout en France, avec des entretiens en amont et un suivi à J+15 et J+90. Premier échange de 30 minutes, gratuit.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Qu'est-ce qu'une raison d'être d'entreprise ?

C'est la formulation de pourquoi l'organisation existe, au-delà de ce qu'elle vend. Une raison d'être utile aide à arbitrer entre des choix concrets.

Comment définir sa raison d'être avec les salariés ?

En partant de récits réels de moments où l'organisation a été fidèle à elle-même, en repérant ce qui revient, puis en confiant l'écriture à un petit groupe qui soumet plusieurs versions au collectif.

Combien de temps faut-il pour écrire une raison d'être ?

Plusieurs semaines, entre la collecte des récits, les ateliers et l'écriture. Un atelier unique donne de la matière, rarement une formulation aboutie.

Quelle différence entre raison d'être et mission ?

La mission dit ce que fait l'organisation. La raison d'être dit pourquoi elle le fait, et ce qui manquerait si elle n'existait plus.

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