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FormatConcevoir et réussir

Co-construire la stratégie

La co-construction de la stratégie consiste à associer au travail stratégique d'autres personnes que la direction : managers, experts, parfois toutes les équipes. Bien faite, elle produit une stratégie comprise avant même d'être annoncée. Mal faite, elle produit un grand déballage, une décision prise ailleurs, et une méfiance durable.

Le déroulé type5 étapes
  1. Cadrage avec la directionSemaine 1
  2. Atelier largeSemaine 3, une journée
  3. SynthèseSemaines 3 et 4
  4. Arbitrage du comitéSemaine 5, une journée
  5. RestitutionSemaine 7, deux heures

À quoi ça sert

Une stratégie écrite par quatre personnes dans un bureau a deux défauts. Elle ignore ce que savent ceux qui sont au contact des clients. Et personne en dessous ne se l'approprie : on l'applique, au mieux.

Co-construire ne veut pas dire que tout le monde décide de tout. Chacun contribue là où il sait quelque chose. Le terrain sait ce que disent les clients. Les managers savent ce qui bloque dans les process. La direction sait ce que veulent les actionnaires. La stratégie gagne à croiser les trois.

Ce qui rend la démarche crédible : dire dès le départ qui décidera quoi. Le diamant de la participation et les modes de décision aident à le poser noir sur blanc.

Quand c'est le bon format

Quand la direction a une intuition mais pas de certitude, et veut la confronter au réel. Quand la boîte sort d'une crise et que les équipes ont besoin de reprendre la main. Quand la stratégie va exiger des changements de pratiques que personne ne pourra imposer d'en haut.

Ce n'est pas le bon format quand une décision doit tomber dans quinze jours, ou quand l'actionnaire a déjà fixé les grandes lignes. Dans ce cas, co-construisez la mise en œuvre, pas la stratégie. C'est honnête, et c'est utile.

Ce qui le fait échouer

Le faux choix. On demande aux équipes leur vision à dix ans, elles passent une journée à rêver, puis la direction publie un plan sans aucun rapport. La fois suivante, personne ne viendra. C'est l'atelier alibi à grande échelle.

La question trop large. « Comment améliorer notre entreprise ? » produit trois cents post-it inclassables. Une bonne question stratégique est ouverte mais cadrée : « Qu'est-ce que nos clients nous reprocheront dans trois ans si nous ne changeons rien ? »

La récolte perdue. Des murs couverts de post-it, photographiés, rangés dans un dossier partagé, jamais relus. Si personne n'est chargé de synthétiser et de rendre compte, la co-construction s'arrête à la porte de la salle.

Le déroulé type

Une démarche sérieuse s'étale sur plusieurs semaines et alterne temps larges et temps restreints. Le grand groupe ouvre et teste. Le comité de direction tranche. Puis on revient vers le grand groupe dire ce qui a été retenu, et pourquoi.

Pour le temps large, de quarante à cent cinquante personnes, un World Café ou un forum ouvert fonctionne bien : les idées circulent, chacun voit qu'il n'est pas seul à penser ce qu'il pense. Pour le temps restreint, le comité arbitre avec une grille de critères écrite à l'avance.

La consigne de clôture d'un atelier large : « Sur tout ce qui a été dit aujourd'hui, qu'est-ce que la direction ne doit surtout pas oublier ? Une phrase, sur la carte jaune. » Ces cartes deviennent la liste que le comité relit avant d'arbitrer.

Ce que ça demande en préparation

Un contrat de participation, écrit et validé par la direction. Trois lignes : sur quoi on vous demande votre avis, qui décidera et quand, comment on vous dira ce qui a été retenu. On le lit en ouverture, à voix haute.

Des données partagées avant l'atelier. Personne ne contribue sérieusement à une stratégie sans connaître la situation : marché, résultats, contraintes. Une note de quatre pages suffit.

Une équipe de récolte nommée à l'avance. Deux ou trois personnes qui écrivent la synthèse dans la semaine.

Faire soi-même ou faire faciliter

Une direction peut mener seule une demi-journée avec ses managers. Au-delà, sur une démarche en plusieurs temps avec des centaines de contributions, le processus devient un métier : concevoir les questions, rester neutre quand les propositions bousculent la direction, synthétiser sans trahir.

Le facilitateur externe a un autre rôle, moins visible : protéger la direction d'elle-même. Lui rappeler, au moment d'arbitrer, ce qu'elle a promis en ouverture.

Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Le programme

Le déroulé type

  1. Cadrage avec la direction Semaine 1

    Fixer ce qui est ouvert, ce qui est fermé, qui décide. Écrire le contrat de participation.

  2. Atelier large Semaine 3, une journée

    World Café ou forum ouvert sur trois questions stratégiques, avec récolte en direct.

  3. Synthèse Semaines 3 et 4

    L'équipe de récolte regroupe les contributions en thèmes et en options. Rien n'est jeté sans trace.

  4. Arbitrage du comité Semaine 5, une journée

    Le comité choisit parmi les options avec sa grille. Il note ce qu'il écarte et pourquoi.

  5. Restitution Semaine 7, deux heures

    Retour au grand groupe : ce qui a été retenu, ce qui ne l'a pas été, les raisons. Puis ouverture des chantiers.

Les durées sont indicatives : c'est le groupe qui donne le rythme. Construire ce déroulé dans Cadrage Minuter avec Timer

Insuffle, qui édite ce site, conçoit et facilite ce type d'événement partout en France, avec des entretiens en amont et un suivi à J+15 et J+90. Premier échange de 30 minutes, gratuit.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Comment co-construire une stratégie avec les salariés ?

En alternant des temps larges où les équipes contribuent sur des questions précises et des temps restreints où la direction arbitre, puis en rendant compte de ce qui a été retenu et pourquoi.

Co-construire, est-ce que tout le monde décide ?

Non. Chacun contribue là où il sait quelque chose. Qui décide doit être dit clairement dès le départ, dans un contrat de participation.

Combien de temps dure une démarche de stratégie co-construite ?

Entre six semaines et trois mois en général, selon le nombre de personnes associées. Il faut le temps de synthétiser, d'arbitrer et de restituer.

Quel format pour un atelier stratégique avec beaucoup de monde ?

Le World Café et le forum ouvert sont les plus adaptés aux grands groupes. Ils font circuler les idées et laissent chacun contribuer sans passer par la plénière.

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