1. Accueil
  2. Situations
  3. Atelier en conflit
Situation difficileCe qu'on fait, concrètement

« Mon atelier a tourné au conflit »

Quand un atelier tourne au conflit, deux personnes s'affrontent, le ton monte, le reste du groupe se fige. Vous hésitez entre tout arrêter, faire comme si de rien n'était, ou vous interposer. Aucune des trois n'est la bonne. Il faut tenir le conflit, pas l'étouffer.

Vous reconnaissez ?Les signes
  • Une phrase met le feu, et deux personnes se répondent directement sans plus regarder le groupe.
  • Quelqu'un ressort une vieille histoire : « comme la dernière fois, avec le logiciel ».
  • Les phrases commencent par « toi, tu » au lieu de « je pense que ».
  • Les autres regardent leurs chaussures, ou vous.
  • Un rire nerveux, puis un silence lourd.

Ce qui se passe vraiment

Un conflit en atelier n'est pas forcément un échec. Il signale souvent que la session touche enfin quelque chose de réel. La zone de grogne du diamant de la participation, c'est exactement ça : le moment où les points de vue se frottent. Le problème n'est pas le conflit. C'est un conflit qui n'est ni tenu, ni utilisé.

Ce qui le rend dangereux, c'est quand il glisse du fond vers les personnes, et quand le groupe n'a pas de cadre pour le traverser.

Sur le moment, que faire

Ralentissez. Parlez plus lentement, plus bas. Le rythme du facilitateur devient celui de la salle.

Puis ramenez au fond : « Il y a un vrai désaccord sur le fond, c'est utile. On va le travailler. Avant de répondre, je voudrais que chacun reformule ce qu'il a compris de la position de l'autre. » Cette consigne suffit souvent à faire baisser la température. On ne peut pas reformuler et attaquer en même temps.

Rendez le désaccord visible. Deux colonnes au paperboard, les deux positions, avec les mots de chacun. Un désaccord écrit se discute ; un désaccord crié se subit. Puis rendez la parole au groupe : « Qu'est-ce que les autres entendent dans ce désaccord ? »

Si ça glisse sur les personnes, arrêtez net : « Là, on parle de quelqu'un, plus du sujet. On revient au sujet. »

Avant la session, comment l'éviter

Les conflits qui explosent en séance couvent presque toujours avant. Les entretiens individuels du cadrage les font apparaître. Ils permettent de décider s'il faut les traiter à part, avant, ou les mettre délibérément au programme.

Si vous choisissez de les mettre au programme, prenez un format fait pour ça. Le bocal : deux ou trois personnes discutent au centre, les autres écoutent, puis réagissent. Les six chapeaux : ils séparent les faits, les émotions et les risques. Et un cadre posé en ouverture vous donne une prise pour recadrer.

Après la session

Voyez chacune des deux personnes, séparément, dans les jours qui suivent. « Comment avez-vous vécu ce moment ? Qu'est-ce qui reste à dire ? »

Et rendez compte au commanditaire de ce que le conflit a révélé sur le fond. C'est souvent le vrai sujet de l'organisation, celui que la session n'était pas censée traiter.

Ce qu'il ne faut surtout pas faire

Étouffer. « On ne va pas refaire le match, avançons. » Le conflit ne disparaît pas. Il passe sous la table et ressort à la machine à café.

Arbitrer sur le fond. Dès que vous donnez raison à l'un, vous perdez l'autre, et le groupe avec.

Et ne confondez pas un désaccord de séance avec un conflit ancien entre services ou au sein d'un comité de direction. Celui-là ne se règle pas en une session d'animation. Il demande un travail préparé, souvent avec un facilitateur extérieur qui n'a d'histoire avec personne. Voir le CODIR qui ne se parle pas.

Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Sur le moment

La séquence d'intervention

  1. Ralentir 1 min

    Parler plus lentement, plus bas. Le rythme se calme presque toujours.

  2. Faire reformuler 3 min

    Chacun reformule la position de l'autre avant de répondre. On sort des attaques, on revient au fond.

  3. Rendre le désaccord visible 5 min

    Deux colonnes au mur, les deux positions. Un désaccord écrit se discute ; un désaccord crié se subit.

  4. Faire parler le groupe 10 min

    « Qu'est-ce que les autres entendent dans ce désaccord ? » Le groupe reprend sa place, et souvent il éclaire.

  5. Faire une pause si nécessaire 10 min

    Et un mot seul à seul avec chacun. Une pause n'est pas un aveu d'échec, c'est un outil.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Que faire quand un conflit éclate en atelier ?

Ralentir, faire reformuler chacun avant de répondre, séparer le fond des personnes, écrire les deux positions au mur, faire parler le reste du groupe, et faire une pause si nécessaire. Un conflit tenu devient souvent le moment le plus utile de la session.

Un conflit en réunion est-il forcément négatif ?

Non. Il signale souvent que la session touche enfin quelque chose de réel. Ce qui est dangereux, c'est un conflit qui glisse vers les personnes et qu'aucun cadre ne permet de traverser.

Faut-il arrêter la séance en cas de conflit ?

Rarement. Une pause de dix minutes suffit presque toujours, avec un mot seul à seul avec chacun. Arrêter la séance ne se justifie que si les propos deviennent blessants et que le cadre ne tient plus.

Trouver un outil