À quoi ça sert
Réunion classique sur un projet. Le porteur défend, le directeur financier attaque, les autres comptent les points. Chacun pense contre quelqu'un. Personne ne pense le sujet.
Les six chapeaux mettent tout le monde du même côté de la table. Pendant cinq minutes, tout le monde cherche les risques. Puis tout le monde cherche les bénéfices. Le prudent a enfin le droit d'être enthousiaste, et l'enthousiaste le devoir d'être prudent, sans perdre la face.
D'où ça vient
Elle a été proposée par Edward de Bono, dans un livre paru au milieu des années 1980. Son idée centrale est ce qu'il appelait la pensée parallèle : au lieu que chacun attaque l'avis de l'autre, tout le monde pense dans la même direction au même moment.
Quand l'utiliser, et quand s'en passer
Quand une réunion tourne à l'affrontement entre les enthousiastes et les prudents. Pour examiner une proposition sous tous ses angles avant de décider. Pour faire dire ce qui ne se dit pas, les émotions notamment, en leur donnant un moment légitime. Avec des groupes de quatre à quinze personnes.
Pas pour produire beaucoup d'idées nouvelles : d'autres outils font mieux. Et pas avec un groupe qui refuse le jeu. La méthode repose sur une convention. Si le directeur refuse de mettre le chapeau rouge, elle tombe.
La consigne qui fait tout
Chaque chapeau a sa consigne, courte, et le facilitateur la répète à chaque changement. Voici les trois qui comptent le plus.
- Rouge : « Trente secondes chacun. Ce que vous ressentez face à ce projet, en un ou deux mots. Pas de justification, pas de débat. »
- Noir : « Tous ensemble, qu'est-ce qui pourrait mal tourner ? On ne répond pas aux risques. On les liste. »
- Quand quelqu'un sort du chapeau : « Bonne remarque. Elle est noire, je la note dans la colonne noire, on y revient tout à l'heure. Là, on est en jaune. »
Cette dernière phrase est la plus utile de toute la méthode. Elle recadre sans jamais disqualifier.
Les erreurs qui coûtent cher
Le chapeau noir en premier. Si l'on commence par les risques, le jaune n'a plus de place. Placez le noir après le jaune, pour que les bénéfices soient vraiment explorés. Chacun son chapeau. Distribuer les couleurs, l'un joue le noir, l'autre le jaune, recrée exactement l'affrontement que la méthode voulait éviter. Tout le monde porte le même, en même temps.Variantes
La version courte, trois chapeaux seulement, blanc, jaune, noir, pour un examen rapide. La version individuelle, où chacun écrit seul sous chaque chapeau avant la mise en commun, marche bien avec des groupes où la parole est inégale.
Avec quoi le combiner
Le chapeau noir gagne à être remplacé, sur les gros projets, par un vrai pre-mortem : on imagine l'échec et on remonte ses causes. Le blanc peut s'appuyer sur un SWOT collaboratif préparé en amont. Et quand le bleu final débouche sur une proposition, la décision par consentement permet de la trancher dans la foulée.