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Fiche outilDivergence

Le World Café

Le World Café fait circuler les idées d'un grand groupe entre de petites tables, en plusieurs rondes. Chacun parle à quatre ou cinq personnes à la fois, mais les idées, elles, parcourent toute la salle. C'est l'outil le plus connu de l'intelligence collective, et l'un des plus souvent mal utilisés.

12 à plusieurs centaines, tables de 4 ou 51 h 30 à 2 hDébutant
La ficheDivergence
Objectif
Explorer une question ouverte avec un grand groupe et faire circuler les idées
Moment
Divergence
Groupe
12 à plusieurs centaines, tables de 4 ou 5
Durée
1 h 30 à 2 h
Matériel
Tables de 4 ou 5, nappes en papier, feutres, une clochette
Niveau
Débutant
Origine
Juanita Brown et David Isaacs, milieu des années 1990

À quoi ça sert

Une plénière de soixante personnes, c'est six personnes qui parlent et cinquante-quatre qui écoutent. Le World Café renverse la proportion. À chaque instant, tout le monde est en conversation, à quatre ou cinq, et personne ne peut se cacher.

Il sert à explorer. À faire remonter ce que la salle sait, craint, espère, sur une question qui la concerne. Au bout de trois rondes, chaque participant a entendu une douzaine de collègues différents. C'est ça, le vrai produit : une compréhension partagée, pas une liste.

D'où ça vient

Il a été formalisé au milieu des années 1990 par Juanita Brown et David Isaacs, à partir d'une observation simple : les meilleures conversations d'un colloque ont lieu à la pause café, pas en plénière. L'idée est de recréer délibérément ces conversations, avec une question qui les oriente.

Quand l'utiliser, et quand s'en passer

Pour explorer une question ouverte avec un groupe trop grand pour une seule discussion, de vingt à plusieurs centaines de personnes. Pour faire émerger des idées qu'aucun sous-groupe n'aurait eues seul. Pour que chacun parle réellement, y compris ceux qui ne prennent jamais la parole en plénière. C'est un outil de divergence : il ouvre, il ne tranche pas.

À éviter quand il faut décider. Un World Café produit une matière riche et des pistes, pas une décision. Et quand la question est fermée ou technique : sur « faut-il changer de logiciel », les tables tourneront en rond.

La question qui fait tout

Trois critères. Elle compte pour les gens présents. Personne dans la salle n'en connaît la réponse, pas même la direction. Elle regarde vers l'avant plutôt que vers les coupables. Testez-la à voix haute sur deux collègues : s'ils répondent en une phrase, elle est trop fermée.

  • « Si, dans trois ans, nos clients disaient de nous qu'on a vraiment changé, qu'est-ce qu'on aurait fait différemment dès cette année ? »
  • « Qu'est-ce qui nous donnerait envie de venir travailler le lundi matin, concrètement ? »
  • Pour la dernière ronde : « Qu'est-ce qu'on entend à toutes les tables, et qu'on n'a pas encore osé dire en grand ? »

Et la consigne du voyage, mot pour mot : « Une personne reste, c'est l'hôte. Les autres partent, chacun vers une table différente. Pas de voyage en bande. »

Les erreurs qui coûtent cher

Les voyageurs qui partent en groupe. Si les membres d'une table se déplacent ensemble, les idées ne circulent pas. Dites-le clairement, et au besoin organisez le brassage avec des numéros sur les badges. Le facilitateur qui anime les tables. Passer de table en table pour relancer, c'est reprendre la main. Restez à distance. Vous observez, vous tenez le temps.

Variantes

La version courte, deux rondes de quinze minutes, fonctionne pour ouvrir un séminaire. La version à questions différentes par table explore plusieurs facettes d'un sujet, au prix d'une récolte plus complexe. En ligne, en sous-salles, ça marche si les rondes sont plus courtes et si l'hôte tient un tableau partagé.

Avec quoi le combiner

Avant la première ronde, un tour d'inclusion par table, en une question, pour que chacun ait parlé avant d'attaquer le fond.

Après, il faut converger. Une visite de galerie des nappes, puis un vote par gommettes sur les idées qui reviennent, et le World Café devient une vraie étape vers la décision. En fin de journée, les solutions à quinze pour cent transforment la matière en engagements personnels.

Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Pas à pas

Le déroulé

  1. Préparer la question 30 min, avant

    Une question ouverte, qui compte vraiment pour le groupe, et à laquelle personne n'a la réponse. C'est la moitié du travail. « Qu'est-ce qui rendrait notre accueil client inoubliable ? » marche ; « Comment améliorer l'accueil ? » produit des banalités.

  2. Installer la salle 15 min

    Des tables de quatre ou cinq, une nappe en papier ou une grande feuille, des feutres. Une ambiance de café, pas de salle de réunion : c'est ce qui autorise la conversation.

  3. Première ronde 20 à 30 min

    Chaque table échange sur la question et écrit, dessine, relie sur la nappe. Le facilitateur ne passe pas de table en table pour animer : il laisse faire.

  4. Les voyages 5 min

    Une personne reste à la table comme hôte. Les autres partent vers des tables différentes. L'hôte résume en deux minutes ce qui s'est dit, les voyageurs apportent ce qu'ils ont entendu ailleurs.

  5. Deuxième et troisième rondes 40 à 50 min

    Même question, ou une question qui approfondit la première. Les idées se croisent, se renforcent, se contredisent. Trois rondes suffisent presque toujours.

  6. La récolte 20 min

    En plénière, chacun dit ce qui l'a frappé, ce qui revient partout, ce qui manque. Le facilitateur rend visible ce qui émerge, sans le trier encore.

Les durées sont indicatives : c'est le groupe qui donne le rythme. Construire ce déroulé dans Cadrage Minuter avec Timer

Ce déroulé se travaille en situation réelle dans la formation Facilitation et intelligence collective d'Insuffle Académie : trois jours, entre 4 et 12 participants, 4,9/5 sur 7 avis.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Qu'est-ce qu'un World Café ?

Un format de conversation en petites tables et en plusieurs rondes, où les participants changent de table entre chaque ronde tandis qu'un hôte reste. Les idées circulent ainsi dans toute la salle. Il sert à explorer une question ouverte avec un grand groupe.

Combien de temps dure un World Café ?

Une heure et demie à deux heures pour trois rondes de vingt à trente minutes et une récolte en plénière. Une version courte de deux rondes de quinze minutes peut ouvrir un séminaire.

Combien faut-il de participants ?

Une douzaine au minimum, soit trois tables. En dessous, le voyage n'apporte presque rien de neuf. Au-dessus, il n'y a pas vraiment de limite : il suffit d'ajouter des tables.

Un World Café permet-il de décider ?

Non. C'est un outil de divergence : il produit une matière riche, pas un choix. Si la session doit aboutir à une décision, il faut une phase de convergence derrière, avec un autre outil.

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