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FormatConcevoir et réussir

Rapprocher deux équipes

Un atelier de rapprochement d'équipes aide deux équipes, ou plus, qui doivent désormais travailler ensemble à se connaître, à dire ce qu'elles perdent et à inventer une manière commune de fonctionner. Fusion, réorganisation, rattachement d'un service à un autre : sur l'organigramme, c'est fait en un jour. Dans la réalité, ça prend des mois, et ça démarre souvent mal.

Le déroulé type6 étapes
  1. Accueil mélangé30 min
  2. Ce qu'on apporte1 h 15
  3. Ce qu'on quitte45 min
  4. Les zones de friction1 h 30
  5. Règles communes45 min
  6. Engagements30 min

À quoi ça sert

Deux équipes qu'on rapproche arrivent chacune avec ses habitudes, ses outils, ses blagues, ses héros et ses rancunes. Chacune pense que sa manière de faire est la bonne. Et chacune soupçonne l'autre d'avoir « gagné » la réorganisation.

Le rapprochement sert à nommer tout ça au lieu de le laisser fermenter. Il ne cherche pas à faire aimer l'autre équipe. Il rend possible un travail commun : des règles, des rôles clairs, des circuits de décision que tout le monde connaît.

Quand c'est le bon format

Dès l'annonce officielle, avant que les premières frictions ne s'installent. Idéalement dans le premier mois. Au-delà de trois mois, les clans sont formés et l'atelier devient une séance de réparation.

Le format vaut aussi pour deux équipes qui coexistent depuis longtemps sans s'entendre : les commerciaux et l'administration des ventes, la production et la qualité, le siège et le réseau. Pas besoin d'une fusion pour avoir besoin d'un rapprochement.

Il ne remplace pas une décision managériale. Si les rôles et les périmètres ne sont pas fixés, l'atelier tourne à la bataille des postes. Fixez les rôles d'abord. Voir la réunion en conflit.

Ce qui le fait échouer

La fête de fusion. Un cocktail, un discours sur la « nouvelle famille », un quiz. On passe à côté : les gens ont perdu quelque chose. Leur ancien chef, leur façon de faire, parfois leur bureau. Tant que la perte n'est pas reconnue, elle se retourne contre le projet.

Le déni de la différence. « On fait le même métier, on est pareils. » Faux. Les deux équipes ont des cultures différentes, et c'est là que naîtront les frictions. Mieux vaut les poser sur la table.

Le choix du vainqueur. La direction adopte les outils et les process d'une des deux équipes, sans discussion. L'autre le vit comme une annexion, et le fera payer.

Le déroulé type

La séquence qui marche tient en trois temps : ce qu'on apporte, ce qu'on quitte, ce qu'on construit ensemble.

Le premier temps fait découvrir l'autre équipe par ce qu'elle a de meilleur. Chaque équipe prépare seule « ce qu'on fait bien et qu'on veut garder », puis le présente. L'autre ne commente pas. Elle pose des questions de curiosité.

Le deuxième temps est le plus délicat. La consigne exacte : « Écrivez, chacun pour vous, une chose que vous regrettez de l'organisation d'avant, et une chose qui vous inquiète dans la nouvelle. » On lit les cartes à voix haute, sans nom, sans débat. Ce moment de reconnaissance débloque la suite. Si l'émotion monte, voir l'émotion en séance.

Le troisième temps est concret. On liste les zones de friction : outils, circuits de validation, horaires, réunions. Pour chacune : on garde la version A, la version B, ou on invente une C. Sur une zone chargée, un bocal aide : une équipe parle, l'autre écoute, puis on inverse.

Ce que ça demande en préparation

Des entretiens avec quelques membres de chaque équipe, séparément. On y entend les peurs, les rumeurs, les griefs anciens. Le facilitateur doit les connaître avant d'entrer en salle.

Un accord clair avec le nouveau manager : ce qui est déjà décidé (organigramme, rôles) et ce qui reste ouvert (façons de faire, règles, rituels).

Un lieu neutre. Surtout pas les locaux de l'une des deux équipes.

Faire soi-même ou faire faciliter

Le nouveau manager est rarement la bonne personne pour animer. Il vient souvent de l'une des deux équipes, ce qui le rend suspect aux yeux de l'autre. Et il est le premier concerné par ce qui va se dire.

Un facilitateur neutre peut accueillir la colère sans la prendre pour lui, et poser la question que le manager ne peut pas poser : « Qu'est-ce que l'autre équipe fait mieux que vous ? »

Yoan Lureault en atelier

Yoan Lureault et l'équipe Insuffle

Facilitateur depuis quinze ans, il anime des comités de direction et des grands groupes avec le cabinet Insuffle, et forme des facilitateurs avec Insuffle Académie. Ce qui est écrit ici est ce qui est pratiqué en salle.

Mis à jour le 27 septembre 2026 · Nos règles éditoriales · yoan.eu

Le programme

Le déroulé type

  1. Accueil mélangé 30 min

    Tables mixtes dès l'arrivée. Tour d'inclusion : « Depuis quand vous êtes là, et un moment de votre travail dont vous êtes fier. »

  2. Ce qu'on apporte 1 h 15

    Chaque équipe prépare seule puis présente ses forces. L'autre pose uniquement des questions de curiosité.

  3. Ce qu'on quitte 45 min

    Cartes individuelles anonymes sur les regrets et les inquiétudes. Lecture à voix haute, sans débat.

  4. Les zones de friction 1 h 30

    Inventaire des pratiques qui divergent. Pour chacune : version A, version B ou nouvelle version. Décision, ou renvoi au manager avec une date.

  5. Règles communes 45 min

    Cinq règles de fonctionnement observables, validées par consentement.

  6. Engagements 30 min

    Chacun choisit une personne de l'autre équipe avec qui il déjeunera dans les deux semaines. Date du prochain point.

Les durées sont indicatives : c'est le groupe qui donne le rythme. Construire ce déroulé dans Cadrage Minuter avec Timer

Insuffle, qui édite ce site, conçoit et facilite ce type d'événement partout en France, avec des entretiens en amont et un suivi à J+15 et J+90. Premier échange de 30 minutes, gratuit.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande

Comment réussir le rapprochement de deux équipes ?

En reconnaissant ce que chacune apporte et ce qu'elle perd, puis en traitant concrètement les zones de friction : outils, circuits de validation, réunions. Le plus tôt possible après l'annonce.

Comment gérer la fusion de deux services ?

Fixez d'abord les rôles et les périmètres, puis organisez un atelier où les deux équipes décident ensemble des façons de travailler. Évitez d'imposer les pratiques de l'une à l'autre.

Faut-il un team building après une fusion ?

Un moment convivial aide, mais ne suffit pas. Sans temps pour nommer la perte et traiter les frictions concrètes, il reste une façade.

Qui doit animer un atelier de rapprochement ?

De préférence une personne neutre. Le nouveau manager vient souvent de l'une des deux équipes, et il est le premier concerné par ce qui va se dire.

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